ANNEES 70

Crises à la TSR

6 octobre 1971 : Grève d'un jour à la TSR. ©TSR
6 octobre 1971 : Grève d'un jour à la TSR. ©TSR

Mondialisation

La mise en place d'un réseau mondial de relais satellites marque la décennie et donne à la télévision une ubiquité inouïe qui va se répercuter sur le programme: l'actualité du monde est maintenant retransmise instantanément en direct partout et modifie le rapport que le spectateur entretient avec le média. A la fin de la décennie, 95% de la population suisse peut capter les trois chaînes nationales et le nombre de récepteurs a doublé pour atteindre deux millions.

Pour la TSR, c'est la décennie de l'information avec la montée en puissance de «Temps Présent», l'immense monographie filmée «26 x la Suisse», les nouvelles émissions de «Destins» et du magazine scientifique «Dimensions». Après l'ère de la TV des réalisateurs, c'est maintenant l'arrivée de la TV des journalistes. La classe politique s'intéresse de plus en plus à la télévision, certaines émissions provoquent des réactions passionnées. Une nouvelle génération de jeunes réalisateurs accède aux dramatiques en studio. Grâce à l'initiative des responsables techniques, la TSR est parmi les premières en Europe à faire des tests de vidéo-légère.

La tour dans la tourmente

En 1972, la TSR s'installe dans les nouveaux studios et la Tour de Carl-Vogt. Cela coïncide avec une réorganisation administrative de la production et l'exacerbation de conflits récurrents entre programme et administration. Crise syndicale aussi avec la dissolution de l'AETS (syndicat maison) et l'émergence d'un syndicat lié à la VPOD.

Le directeur-adjoint TSR, Jean-Jacques Demartines se préoccupe du malaise qui s'installe et commande un rapport au réalisateur Jean-Claude Diserens qui intitule son audit «Les temps difficiles». Le texte est distribué aux cadres TSR mais est ensuite retiré par le Directeur René Schenker. Un groupe anonyme intitulé Groupe Action TV le polycopie et le distribue clandestinement à tout le personnel. Sur la base d'informations communiquées par la police, la direction TSR dénonce et licencie trois journalistes, deux réalisateurs et une productrice de la TSR. Grève solidaire du personnel le 6 octobre 1971. Reprise en main par la direction. Malgré un procès intenté par les licenciés, au cours duquel la direction ne peut apporter les preuves de ses accusations, des zones d'ombre restent inexpliquées alors qu'on peut essayer de les comprendre aujourd'hui. Il faut en effet se souvenir qu'on vit en 1971 avec retard le Mai 68 suisse, qu'une grande tension politique règne dans le pays et que la police est en plein dans le système des fiches qui ne sera découvert que bien plus tard. En 1973, la SSR se réorganise et crée des sociétés régionales Radio-TV. René Schenker est nommé à la tête de la SRTR (Société de radiodiffusion et de télévision de Suisse Romande). Alexandre Burger lui succède comme directeur des programmes et Jean Dumur devient chef du département Information.